Sous abri, on pouvait tout de même voir la neige tomber sur le Pont des Arts. Entendre la voix sourde des moteurs des pêniches qui remontaient le fleuve. La rumeur de la ville. La vue était imprenable.
J'ai eu l'idée alors d'un peu de neige, à la Pointe du Vert-Galant, légère, côté Pont des Arts. De la neige à la Pointe et sur les quais, côté Louvre. Sur les toits. Sur le Pont des Arts. Et pour l'ambiance, ni manchot empereur, ni bernache, ni tourterelle tritse, ni guillemot, ni gravelot, ni fulligule, mais une douzaine de mouettes d'hiver. De la neige sur le Pont des Arts, des mouettes amoureuses, coule la Seine.
Je dois m'éclipser: je suis en mission, et j'ai rendez-vous. Quelles sont les instructions cette année 2005 pour le Pont des Arts? Je suis allé au fameux congrès spécial. "Vous faites comme d'habitude". Pour le Pont des Arts, il fallait faire comme d'habitude. Restait la question du Pont du Carrousel, du Pont Saint-Michel, du Pont Neuf et du Pont Dix.
Le Renoir n'en finissait pas de glisser sous le Pont des Arts ce matin, un immense bateau mouche transformé en paquebot de fleuve, presque trop gros pour passer sous les Ponts, trop large, trop haut..Ciel de rêve. Acédémie Française. Renoir. Auguste Renoir ou Jean Renoir? Le Jean Renoir de "Boudu sauvé des eaux"? Le MS Renoir fait 110 mètres de long.11,40 mèetres de large.
En 1832, le vieux William Turner, il a 57 ans peint le Pont Neuf, depuis le Pont des Arts. C'est expédié, mais sans plus, c'est le problème des numériques, on fait des photos tant qu'on a des piles.
J'ai fini par les trouver. D'un côté le corps de Blaise Pascal, daté 1692, de l'autre les restes de Jean Racine datés 1699, face à face, comme des fondations de l'église Saint-Etienne-du Mont, qui faisait l'angle du Panthéon. Les restes de Racine face au corps de Pascal.
J'avais repris la lecture des journaux. C'était passionnant, enfin on osait voir le monde tel qu'il était, et le dire, les questions étaient plus nombreuses que les réponses, il y avait tout à penser, tout à inventer, sans céder aux tentations populistes, comme Finkielkraut qui à son tour avait perdu la raison.
Un peu plus tard, c'est tard dans la nuit, à la soirée privée de Rodolphe Burger, aux Voutes, rue des frigos, que Jeanne Balibar chante "rose is a rose is a rose", ce texte de Gertrud Stein.
C'est la première fois que j'allais à Alfortville. Le cimetière très arménien avait un air d'un extrême contemporain. J'ai posé une rose blanche sur le cercueil.