Mascaret

Depuis le Pont des Arts je me laisse faire par le fleuve. Il pleut si violemment quand je passe sous le Pont de Brotonne qu'il a disparu. J'ai zappé Jumièges. Le courant s'est inversé, et désormais plus je descends la Seine, plus je la remonte. Grande marée, brouillard, forte pluie, maintenant mascaret, mon voyage est agité. Il me semble reconnaître Caudebec-en-Caux. Tout s'agite. Plus tard, je me retrouve dans le cimetière de Villequier, où sous la pluie, et quelques larmes reposent les deux Adèle de Victor, et, unis mais noyés, Léopoldine Hugo et Charles Vacquerie. Il n'y a pas de houx, mais un peu de bruyère. C'est Victor Hugo, ici, là, sur les bords de la Seine, en aval du Pont des Arts, abattu mais debout qui parle: "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur." Grandes humidités.


2 Comments:
le mascaret, c'est magique, je l'ai vu sur la garonne....
vous voulez nous faire pleurer si par hasard ?
ainsi tu es revenu.
j'étais morte d'inquiétude,
je crois que je devenais folle,
une nouvelle vague m'a emportée
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