29 août 2006
27 août 2006
25 août 2006
Sport
Paris au mois d'août. Je fais du sport. Je glisse d'une rive à l'autre, à toute blinde, rive droite, rive gauche, en patins de glace, place de la Concorde, Pont de la Concorde, Pont Neuf, je passe devant le Pont des Arts, retour place de la Concorde.
24 août 2006
Bougie

"Elle ne souffrait que de son amour, et sentait son âme l'abandonner par ce souvenir, comme les blessés, en agonisant, sentent l'existence qui s'en va par leur plaie qui saigne." Je lis Madame Bovary, sur un banc, un après-midi, Pont des Arts. Je me souviens de cette image, tableau au musée des Beaux-Arts de Rouen, Emma Bovary est morte, Charles au pied du lit. (...)"Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus."
23 août 2006
22 août 2006
20 août 2006
16 août 2006
15 août 2006
Mascaret

Depuis le Pont des Arts je me laisse faire par le fleuve. Il pleut si violemment quand je passe sous le Pont de Brotonne qu'il a disparu. J'ai zappé Jumièges. Le courant s'est inversé, et désormais plus je descends la Seine, plus je la remonte. Grande marée, brouillard, forte pluie, maintenant mascaret, mon voyage est agité. Il me semble reconnaître Caudebec-en-Caux. Tout s'agite. Plus tard, je me retrouve dans le cimetière de Villequier, où sous la pluie, et quelques larmes reposent les deux Adèle de Victor, et, unis mais noyés, Léopoldine Hugo et Charles Vacquerie. Il n'y a pas de houx, mais un peu de bruyère. C'est Victor Hugo, ici, là, sur les bords de la Seine, en aval du Pont des Arts, abattu mais debout qui parle: "Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur." Grandes humidités.
10 août 2006
Croisière

Je pourrais me laisser flotter sur la Seine dans une barque, à l'abri du soleil. Avec un bon livre. Descendre sans bruit la Seine dans une lumière d'été finissant. Stationner près du Pont des Arts. Non, me laisser dériver au fil de l'eau entre les bords du fleuve. Laisser faire le destin. Je pourrais y lire Madame Bovary, ou bien Manon Lescaut de l'Abbé Prévost, La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette, ou encore Adolphe, de Benjamin Constant. Tiens oui, relire Adolphe, et sa terrible histoire d'amour avec Ellenore, séduite et abandonnée: "C'est un affreux malheur de n'être pas aimé quand on aime; mais c'en est un bien plus grand d'être aimé avec passion quand on n'aime plus."
09 août 2006
Ordalie

Pendant ce temps là, nous dérivons sur la Seine, Childéric et moi, passant sous chaque pont, entre les arches, Pont d'Arcole, Pont Neuf, Pont des Arts, Pont du Carrousel, on s'arretera avant le Pont de Normandie, juste avant le Pont de Tancarville, là où la Seine bute contre les hautes falaises, à Jumièges. Nous avons l'air assez niais sur notre lit, les pieds, -desquels Clovis, notre père, nous a retiré les nerfs, bandés, avachis sur ce radeau, abandonnés à notre destin, au hasard du fleuve par Bathilde, notre mère.
Etre énervés rend plutôt mous, nous sommes, alanguis, voire vautrés, calmes car énervés, lègèrement abrutis, totalement passifs. Moi c'est Clotaire, nous sommes les énervés de Jumièges.
Drôle de voyage. Se laisser porter le long du fleuve. Dérive ordalique. Après le jugement du Père, attendre le jugement de Dieu. On aurait sans doute mieux fait, malgré Paris Plage, de rester jouer de la guitare sur le Pont des Arts.
Eau

Pendant ce temps là, l'eau avait coulé sous le Pont des Arts. Beaucoup d'eau. Et pas que de l'eau.
"Coule la Seine et nos amours,
sous le Pont des Arts c'est le grand bazar,
gare Saint Lazare y a pas d'hasard,
coule la Seine et nos amours,
comment veux tu que j'm'en souvienne,
car t'es partie sans crier gare,
et je m'souviens pas de tous les regards.
Le pont des arts, le pont des arts,
c'est plutôt le pont des arts et des bizarres,
ton Pont des Arts(..)"
chantait un homme, accoudé au parapet du Pont des Arts, qui semblait avoir le Bourgogne un peu mélancolique.
Aimer

Pendant ce temps là, j'ai reçu une carte postale, elle me rappelait notre rencontre, c'était là sur le Pont des Arts, face au Pont Neuf, et du Square du Vert-Galant, un été, que nous nous étions rencontrés, elle évoquait l'amour, la force de l'amour et l'autre, celle du destin, et moi, est-ce-que moi je me souvenais?, me demandait-elle.
La carte avait mis un certain temps à me parvenir.














