29 octobre 2007
28 octobre 2007
Marrons
Je dois rapporter des marrons, c'est la saison, Pont des Arts. J'en trouve sur la tombe de Croce Spinelli et de Sivel qui sont au Père Lachaise allongés côte à côte, et main dans la main, depuis 1875, tombés d'une hauteur de 8600 mètres. Gaston Tissandier raconte dans une lettre:
"Cher monsieur, "Un télégramme envoyé par voie officielle vous a appris l'épouvantable malheur qui nous a frappé. Sivel et Crocé-Spinelli ne sont plus. L'asphyxie les a saisis dans les hautes régions de l'air que nous avons atteintes. Je vous dirai ce que je puis savoir de ce drame ; car, pendant deux heures consécutives, je me suis trouvé dans un état d'anéantissement complet.L'ascension de l'usine à gaz de la Villette s'est bien accomplie ; à une heure de l'après-midi, nous étions déjà à plus de 5000 mètres (pression 400 millimètres). Nous avions fait passer l'air dans les tubes à potasse, tâté nos pulsations, mesuré la température intérieure du ballon, qui était de 20 degrés, tandis que l'air extérieur était de moins 5 degrés. Sivel avait arrimé la nacelle; Crocé s'était servi de son spectroscope. Nous nous sentions tout joyeux. Sivel jette du lest ; bientôt nous montons, tout en respirant de l'oxygène qui produit un excellent effet. A une heure vingt, le baromètre marque 320 millimètres. Nous sommes à l'altitude de 7000 mètres. La température est de -10 degrés, Sivel et Crocé sont pèles et je me sens faible. Je respire de l'oxygène qui me ranime un peu. Nous montons encore. Sivel se tourne vers moi et me dit : « Nous avons beaucoup de lest ; faut-il en jeter ? » — Je lui réponds : « Faites ce que vous voudrez. » Il se tourne vers Crocé, lui fait la même question. Crocé baisse la tête avec un signe d'affirmation très énergique, Il y avait dans la nacelle au moins cinq sacs de lest (le sac de ,lest pèse 25 kilos.); il y en avait quatre au moins pendus en dehors par des cordelettes. Sivel saisit son couteau et coupe successivement trois cordes. Les trois sacs se vident et nous montons rapidement. Je me sens tout à coup si faible que je ne peux même pas tourner la tète pour regarder mes compagnons qui, je crois, se sont assis. Je veux saisir le tube à oxygène, mais il m'est impossible de lever le bras. Mon esprit était encore très-lucide. J'avais les yeux sur le baromètre et je vois l'aiguille passer sur le chiffre de la pression 290, puis 280 qu'elle dépasse. Je veux m'écrier : « Nous sommes à 8000 mètres», mais ma langue est comme paralysée. Tout à coup je ferme les yeux et je tombe inerte, perdant absolument le souvenir. Il était environ une heure et demie. « A 2 heures 8 minutes, je nie réveille un moment.Le ballon descendait rapidement ; j'ai pu couper un sac de lest pour arrêter la vitesse et écrire sur mon registre de bord les lignes suivantes que je recopie : Nous descendons. Température - 8 degrés. Je jette lest. Hauteur, 315. Nous descendons. Sivel et Crocé encore évanouis au fond de la nacelle. Descendons très fort. » A peine ai-je écrit ces lignes qu'une sorte de tremblement me saisit et je retombe évanoui encore une fois. Je ressentais un vent violent qui indiquait une descente très rapide. Quelques moments après je me sens secoué par les bras et je reconnais Crocé qui s'est ranimé. « Jetez du lest, me dit-il, nous descendons, » Mais c'est à peine si je puis ouvrir les yeux et je n'ai pas vu si Sivel était réveillé. Je me rappelle que Crocé a décroché l'aspirateur qu'il a jeté par-dessus bord, et qu'il a jeté du lest, des couvertures, etc. Tout cela est un souvenir extrêmement confus qui s'éteint vite, car je retombe dans mou inertie plus complètement encore qu'auparavant et il me semble que je m'endors d'un sommeil éternel. Que s'est-il passé? Je suppose que le ballon délesté, imperméable comme il l'était, et très-chaud, a remonté encore une fois dans les hautes régions. A trois heures quinze environ, je rouvre les yeux, je me sens étourdi, affaissé ; mais mon esprit se ranime. Le ballon descend avec une vitesse effrayante. La nacelle est balancée avec violence et décrit de grandes oscillations. Je me traîne sur nies genoux et je tire Sivel par le bras ainsi que Crocé. « Sivel, Crocé, m'écriais-je, réveillez-vous ! » Mes deux compagnons étaient accroupis dans la nacelle, la tête cachée dans leur manteau. Je rassemble mes forces et j'essaye de les soulever. Sivel avait la figure noire, les yeux ternes, la bouche béante et remplie de sang. Crocé-Spinelli avait les yeux fermés et la bouche ensanglantée. « Vous dire ce qui se passa alors m'est impossible. Je ressentais un vent effroyable de bas en haut. Nous étions encore à 6000 mètres d'altitude. Il y avait dans la nacelle deux sacs de lest que j'ai jetés. Bientôt la terre se rapproche ; je veux saisir mon couteau pour couper la cordelette de l'ancre : impossible de le retrouver. J'étais comme fou et continuais à appeler : Sivel! Sivel! Par bonheur, j'ai pu mettre la main sur un couteau et détacher l'ancre au moment voulu. Le choc à terre fut d'une violence extrême. Le ballon sembla s'aplatir et je crus qu'il allait rester en place. Mais le vent était violent et l'entraîna. L'ancre ne mordait pas et la nacelle glissait à plat sur les champs. Les corps de mes malheureux amis étaient cahotés çà et là et je croyais à tout moment qu'ils allaient tomber de la nacelle. Cependant j'ai pu saisir la corde de soupape et le ballon n'a pas tardé à se vider, puis à s'éventrer contre un arbre. Il était quatre heures. En mettant pied à terre, j'ai été saisi d'une surexcitation fébrile violente, et bientôt je me suis affaissé en devenant livide. J'ai cru que j'allais rejoindre nies amis dans l'autre monde.' « Cependant je me suis remis peu à peu. J'ai été auprès de mes malheureux compagnons, qui étaient déjà froids et crispés. J'ai fait porter leurs corps à l'abri dans une grange voisine. Les sanglots m'étouffaient et m'étouffent encore. « Je suis à Ciron, près Le Blanc, où j'ai trouvé l'hospitalité la plus parfaite. J'ai eu la fièvre toute la nuit. Je n'ai pas encore pu manger quoi que ce soit et je suis bien faible. Je vous embrasse, GASTON TISSANDIER. "
Automne
J'avais marché depuis le Pont des Arts. Les souvenirs se ramassaient à la pelle, et les feuilles mortes aussi, c'était la saison, au Père Lachaise. Quand je l'ai croisée, elle était en train de graver la date de ma mort sur la tombe. Je lui ai demandé de ne pas trop se presser.
27 octobre 2007
Roue (grande)
Nous sommes montés sur la Grande Roue des Tuileries, on voyait tout Paris, même au delà du Pont des Arts. Nous avons fait deux ou trois tours, nous êtions plus haut que la pointe dorée de l'Obélisque, elle s'est serrée contre moi en disant qu'elle n'avait pas envie de mourir, et que Paris, c'était si beau Paris.
Chambre
Au Palais j'ai un bureau, mais aussi une chambre, parfois la 17ème, souvent la première, je change souvent. Avant de rendre la justice et de rentrer au Pont des Arts, il m'arrive parfois, après le déjeuner, de m'assoupir une minute, assis derrière mes dossiers.
Il n'y a pas de lit dans les chambres du Palais de Justice.
25 octobre 2007
23 octobre 2007
Valjean (Jean)
Boulevard Saint-Germain, à deux pas du Pont des Arts apparaît Jean Valjean ébloui par un soleil d'automne insolent. Victor Hugo prend des notes alors qu'il attend un taxi, il est ici par hasard.
"Qu’on s’imagine Paris ôté comme un couvercle, le réseau souterrain des égouts, vu à vol d’oiseau, dessinera sur les deux rives une espèce de grosse branche greffée au fleuve. Sur la rive droite l’égout de ceinture sera le tronc de cette branche, les conduits secondaires seront les rameaux et les impasses seront les ramuscules.
Cette figure n’est que sommaire et à demi exacte, l’angle droit, qui est l’angle habituel de ce genre de ramifications souterraines, étant très rare dans la végétation.
On se fera une image plus ressemblante de cet étrange plan géométral en supposant qu’on voie à plat sur un fond de ténèbres quelque bizarre alphabet d’orient brouillé comme un fouillis, et dont les lettres difformes seraient soudées les unes aux autres, dans un pêle-mêle apparent et comme au hasard, tantôt par leurs angles, tantôt par leurs extrémités.
Les sentines et les égouts jouaient un grand rôle au Moyen-Âge, au Bas-Empire et dans ce vieil Orient. La peste y naissait, les despotes y mouraient. Les multitudes regardaient presque avec une crainte religieuse ces lits de pourriture, monstrueux berceaux de la Mort. La fosse aux vermines de Bénarès n’est pas moins vertigineuse que la fosse aux lions de Babylone. Téglath-Phalasar, au dire des livres rabbiniques, jurait par la sentine de Ninive, C’est de l’égout de Munster que Jean de Leyde faisait sortir sa fausse lune, et c’est du puits-cloaque de Kekhscheb que son ménechme oriental, Mokannâ, le prophète voilé du Khorassan, faisait sortir son faux soleil.
L’histoire des hommes se reflète dans l’histoire des cloaques. Les gémonies racontaient Rome. L’égout de Paris a été une vieille chose formidable. Il a été sépulcre, il a été asile, Le crime, l’intelligence, la protestation sociale, la liberté de conscience, la pensée, le vol, tout ce que les lois humaines poursuivent ou ont poursuivi, s’est caché dans ce trou ; les maillotins au quatorzième siècle, les tire-laine au quinzième, les huguenots au seizième, les illuminés de Morin au dix-septième, les chauffeurs au dix-huitième. Il y a cent ans, le coup de poignard nocturne en sortait, le filou en danger y glissait ; le bois avait la caverne, Paris avait l’égout. La truanderie, cette picareria gauloise, acceptait l’égout comme succursale de la Cour des Miracles, et le soir, narquoise et féroce, rentrait sous le vomitoire Maubuée comme dans une alcôve.
Il était tout simple que ceux qui avaient pour lieu de travail quotidien le cul-de-sac Vide-Gousset ou la rue Coupe-Gorge eussent pour domicile nocturne le ponceau du Chemin-Vert ou le cagnard Hurepoix. De là un fourmillement de souvenirs. Toutes sortes de fantômes hantent ces longs corridors solitaires ; partout la putridité et le miasme ; çà et là un soupirail où Villon dedans cause avec Rabelais dehors.
L’égout, dans l’ancien Paris, est le rendez-vous de tous les épuisements et de tous les essais. L’économie politique y voit un détritus, la philosophie sociale y voit un résidu.
L’égout, c’est la conscience de la ville. Tout y converge, et s’y confronte. Dans ce lieu livide, il y a des ténèbres, mais il n’y a plus de secrets. Chaque chose a sa forme vraie, ou du moins sa forme définitive. Le tas d’ordures a cela pour lui qu’il n’est pas menteur. La naïveté s’est réfugiée là. Le masque de Basile s’y trouve, mais on en voit le carton, et les ficelles, et le dedans comme le dehors, et il est accentué d’une boue honnête. Le faux nez de Scapin l’avoisine. Toutes les malpropretés de la civilisation, une fois hors de service, tombent dans cette fosse de vérité où aboutit l’immense glissement social. Elles s’y engloutissent, mais elles s’y étalent. Ce pêle-mêle est une confession. Là, plus de fausse apparence, aucun plâtrage possible, l’ordure ôte sa chemise, dénudation absolue, déroute des illusions et des mirages, plus rien que ce qui est, faisant la sinistre figure de ce qui finit. Réalité et disparition. Là, un cul de bouteille avoue l’ivrognerie, une anse de panier raconte la domesticité ; là, le trognon de pomme qui a eu des opinions littéraires redevient le trognon de pomme ; l’effigie du gros sou se vert-de-grise franchement, le crachat de Caïphe rencontre le vomissement de Falstaff, le louis d’or qui sort du tripot heurte le clou où pend le bout de corde du suicide, un fœtus livide roule enveloppé dans des paillettes qui ont dansé le mardi gras dernier à l’Opéra, une toque qui a jugé les hommes se vautre près d’une pourriture qui a été la jupe de Margoton ; c’est plus que de la fraternité, c’est du tutoiement. Tout ce qui se fardait se barbouille. Le dernier voile est arraché. Un égout est un cynique. Il dit tout.
Cette sincérité de l’immondice nous plaît, et repose l’âme. Quand on a passé son temps à subir sur la terre le spectacle des grands airs que prennent la raison d’état, le serment, la sagesse politique, la justice humaine, les probités professionnelles, les austérités de situation, les robes incorruptibles, cela soulage d’entrer dans un égout et de voir de la fange qui en convient.
Cela enseigne en même temps. Nous l’avons dit tout à l’heure, l’histoire passe par l’égout. Les Saint-Barthélemy y filtrent goutte à goutte entre les pavés. Les grands assassinats publics, les boucheries politiques et religieuses, traversent ce souterrain de la civilisation et y poussent leurs cadavres. Pour l’œil du songeur, tous les meurtriers historiques sont là, dans la pénombre hideuse, à genoux, avec un pan de leur suaire pour tablier, épongeant lugubrement leur besogne. Louis XI y est avec Tristan, François Ier y est avec Duprat, Charles IX y est avec sa mère, Richelieu y est avec Louis XIII, Louvois y est, Letellier y est, Hébert et Maillard y sont, grattant les pierres et tâchant de faire disparaître la trace de leurs actions. On entend sous ces voûtes le balai de ces spectres. On y respire la fétidité énorme des catastrophes sociales. On voit dans des coins des miroitements rougeâtres. Il coule là une eau terrible où se sont lavées des mains sanglantes.
L’observateur social doit entrer dans ces ombres. Elles font partie de son laboratoire. La philosophie est le microscope de la pensée. Tout veut la fuir, mais rien ne lui échappe. Tergiverser est inutile. Quel côté de soi montre-t-on en tergiversant ? le côté honte. La philosophie poursuit de son regard probe le mal, et ne lui permet pas de s’évader dans le néant. Dans l’effacement des choses qui disparaissent, dans le rapetissement des choses qui s’évanouissent, elle reconnaît tout. Elle reconstruit la pourpre d’après le haillon et la femme d’après le chiffon. Avec le cloaque elle refait la ville ; avec la boue elle refait les mœurs. Du tesson elle conclut l’amphore, ou la cruche. Elle reconnaît à une empreinte d’ongle sur un parchemin la différence qui sépare la juiverie de la Judengasse de la juiverie du Ghetto. Elle retrouve dans ce qui reste ce qui a été, le bien, le mal, le faux, le vrai, la tache de sang du palais, le pâté d’encre de la caverne, la goutte de suif du lupanar, les épreuves subies, les tentations bien venues, les orgies vomies, le pli qu’ont fait les caractères en s’abaissant, la trace de la prostitution dans les âmes que leur grossièreté en faisait capables, et sur la veste des portefaix de Rome la marque du coup de coude de Messaline."
22 octobre 2007
21 octobre 2007
Tour
Je n'avais pas sommeil. J'ai marché le long des quais du Pont des Arts à la Tour Eiffel où j'ai rencontré un joli Japonais égaré là, très Tectonik, mais très égaré aussi, qui m'a demandé où était Notre-Dame, si c'était loin. Mon japonais est très approximatif: "Si tu veux, viens, je t'emmène. Nous pourrions aller danser. Pas dans Notre Dame mais pas loin, tout près du Pont des Arts."
Il s'appelle Akira. Il a l'air légèrement inquiet, et un peu content. Il vient de Kokura, la ville qui a échappé à la bombe atomique à cause du brouillard.
Taxi
En arrivant au Chatelet, et tandis qu'à la radio La Fouine rappait"monsieur coupez le contact s'il vous plait veuillez poser vos 2 mains sur le capot avez vous quelque chose de dangereux d'illicite dans vos poches des stupéfiants ou bien un couteau veuillez vous ranger sur le côté s'il vous plaît présentez vos papiers d'identité" j'ai demandé gentiment au chauffeur de taxi comment il comptait aller au Pont des Arts, j'en avais déjà pour 28 euros 50, mais ça l'a énervé.
Savon
Avant de monter sur la Grande Roue, place de la Concorde, j'arrive directement du Pont des ARts, je me suis lavé avec du ZEPPIL C 20, un savon liquide à base d'huile végétale, dont j'ai versé un gros bidon dans le bassin.
19 octobre 2007
Cauchemar
Rencontre
Face au Pont des Arts, dans la cour carrée du Louvre que j'ai gagnée en vélo, c'est un bout de FIAC, installée là comme dans un grand sac poubelle transparent.
J'espére la retrouver, nous sommes différents, avec quelques points communs. Elle est là. Elle me dit:"Je t'attendais. Embrasse moi. Embrasse moi encore. Serre moi fort dans tes bras."
18 octobre 2007
Mémoire
A la mémoire de notre ami Alejandro assassiné ici même le 1er octobre
à un ami trop tôt disparu,
à toi mon pote avec qui j'avais tellement de choses à découvrir
à toi, ton harmonica, ta joie de vivre
Merci pour ce que tu m'as apporté Amigo,
Partenaire de soirée tu m'avais comprise
A notre ami
ton sourire et ton talent resteront à jamais gravés
à toi belle ange qui est parti trop vite
Le Pont des Arts savait avoir le sens du tragique.
Répétition
Ou bien j'étais lassé de la répétition. Refaire la même chose.
Est ce qu'on ne passe pas sa vie à refaire la même chose, écrire le même livre, reproduire la même névrose, répéter ce qu'on vient de faire, fabriquer le même, réinventer ce qu'on a toujours connu, refaire le même chemin?
Et moi de toujours dire Pont des Arts, le Pont des Arts par çi, le Pont des Arts par là, cette stratégie du perroquet? Et le blog. Sur le Pont des Arts. Répeter encore. J'avais fui le Pont des Arts et j'étais rattrapé par le Pont des Arts.
Disparition
"Oui je suis là, revenu, Pont des Arts. Je suis revenu. Je sais, on me croyait mort, la gardienne du 25 m'a même vu sous l'autobus, elle vous l'a dit, non? je me serais jeté sous les roues du 38. Non, je ne suis pas mort, j'étais en dépression, hospitalisé, mais j'y reviens au Pont des Arts. J'ai signé le papier de l'hôpital, -ils voulaient m'y garder encore quelques mois, et je suis sorti. Tout ce temps, je ne vous ai pas oubliés. La photo du Pont des Arts, celle que vous m'aviez donnée, je l'avais à l'hôpital, affichée au dessus de mon lit."
Revenir
Je revenais de loin. J'avais du mal à revenir. Le Pont des Arts, comme un horizon, semblait s'éloigner encore, plus je m'en rapprochais.
J'entendais cette voix de JLG: "reviens, reviens, tu ne peux pas me quitter, accroche-toi, accroche-toi encore". J'essayais. "Accroche-toi à la vie… de toutes tes forces. Je t’aime... tu ne peux pas me quitter... tu ne peux pas partir... accroche-toi à la vie fais un effort... lutte"

