03 octobre 2012

Jardin des plantes

Revenu sur le Pont des Arts, à Paris, je reprends la lecture du Petit Parisien. Et tombe sur un hippopotame et un nouveau drame. En date du 2 juillet 1903 je lis:

"Un Drame au Jardin des Plantes - Eventré par un Hippopotame -Le Gardien méconnu - A l'Hôpital de la Pitié.

Les promeneurs qui se trouvaient hier, après-midi, au Jardin, des plantes, devant le pavillon affecté aux hippopotames et aux éléphants ont été témoins d'une scène vraiment tragique.

Comme le moment de la pâture quotidienne était arrivé, un gardien du Muséum, M. Baptiste Lancel, âgé de soixante ans, demeurant rue Buffon, n° 53, qui s'occupait plus spécialement des deux hippopotames, s'avança au bord du bassin extérieur où ces animaux prenaient leurs ébats et les fit sortir de l'eau pour leur faire réintégrer leur cage.
Ne se méfiant nullement de ses pensionnaires, il avait omis d'emporter son fouet, arme peu redoutable, en vérité, mais que craignent beaucoup les hippopotames. La femelle était déjà rentrée, mais le mâle, qui répond au nom de Gusko, tournait depuis un instant autour de son gardien et semblait peu décidé à franchir le seuil de son box.
Tout à coup, avant que Baptiste Lancel eût le temps d'éviter l'attaque, Gusko lui happait la cuisse droite et de ses boutoirs lui perforait l'abdomen. Trois gardiens accoururent aux cris épouvantables que poussait le malheureux ils s'efforcèrent, à coups de fouets et à coups de fourches de faire lâcher prise à l'animal. Un soldat de l'infanterie coloniale, franchissant la grille qui entoure la piscine, leur prêta main forte et, de son sabre-baïonnette, piqua violemment le pachyderme. Il fallut lutter pendant trois minutes pour dégager l'infortuné gardien. Il était dans un état épouvantable perdant son sang en abondance.
On le transporta immédiatement à l'hôpital de la Pitié où, en raison de la gravité de es blessures, il fut admis dans une salle d'isolement. On croit qu'il ne passera pas la nuit. Ajoutons que le même Gusko a déjà occasionné la mort d'un gardien, il y a deux ans."
C'est donc le même hippopotame appelé Kako en 1901 qui avait déjà broyé un premier gardien au Jardin des Plantes, à Paris
Puis dans le numéro du Petit Parisien du 3 juillet 1903: "Le Drame du Jardin des Plantes Les obsèques du malheureux gardien Lancel, qui a succombé à l'hôpital de la Charité aux suites des horribles blessures que lui a faites l'hippopotame mâle du Jardin des plantes, auront' lieu samedi, à midi. Hier matin, les deux hippopotames ont été laissées à l'intérieur de la rotonde. On a vidé le bassin de la cage extérieure pour y chercher le porte-monnaie du gardien Laneel, car l'hippopotame y avait plongé en gardant à la bouche des lambeaux de vêtements. Le porte-monnaie a été retrouvé. Dans l'après-midi, on a fait sortir les deux hippopotames et les curieux sont venus en foule pour voir le féroce Gusko, complètement insouciant du terrible malheur qu'il a causé la veille."

Je me réjouis de savoir les hippopotames plutôt au Jardin des Plantes que sur le Pont des Arts et que le porte monnaie du gardien Lancel ait été retrouvé même si ce n'est plus d'une grande utilité.