09 novembre 2012

Moderne

En traversant le Pont des Arts, qui relie l'Institut, l'Académie et le Louvre, et réciproquement, Victor pense à sa Bien-Aimée et il le lui écrit sur une carte postale représentant un réverbère debout sur ses trois pieds, et installé depuis peu sur le Pont des Arts. Victor est résolument moderne.


réverbère - lampadaire - carte postale

2 Comments:

Anonymous Juliette said...

Guernesey, 31 juillet 1858, samedi matin, 7 h.

Bonjour, mon cher adoré, bonjour avec toutes les douces espérances de santé et de bonheur que la journée d’hier promettait à la journée d’aujourd’hui. J’espère encore que tu as passé une bonne nuit. En attendant, je me préoccupe déjà de t’avoir des épinards pour ton dîner. Il faudrait qu’il n’y en ait pas une feuille dans l’île pour que Suzanne n’en n’apporte pas, peu ou prou. La seule chose qui me tourmente à ce sujet c’est que je crains de contrarier ta femme. Cependant, que faire puisqu’il paraît presque certain que tes domestiques ne savent pas s’ingénier autant que le fait Suzanne pour te trouver ce que tu désires ? Comment faire pour concilier les susceptibilités de ta femme et mon dévouement tendre et empressé pour toi ? Si tu le sais, dis-le moi et je ferai tout ce que tu voudras pour te contenter. En attendant, je suis trop heureuse de te servir à genoux. Cher adoré, j’ai oublié de te remercier de ta charmante galanterie et pourtant Dieu sait si j’en ai été touchée. J’ai mangé ton abricot exquis et je garde le noyau que je planterai dans mon jardin pour perpétuer le doux souvenir de ta première promenade dans ton jardin après ta cruelle maladie. Je t’aime mon Victor, je t’adore.

6:01 PM  
Anonymous Victor said...

7 Mars 1833
Je vous aime, mon pauvre ange, vous le savez bien, et pourtant vous voulez que je vous l'écrive. Vous avez raison. Il faut s'aimer, et puis il faut se le dire, et puis il faut se l'écrire, et puis il faut se baiser sur la bouche, sur les yeux, et ailleurs. Vous êtes ma Juliette bien-aimée. Quand je suis triste, je pense à vous, comme l'hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l'ombre. Vous voyez bien, Juliette, que je vous aime de toute mon âme. Vous avez l'aire jeune comme un enfant, et l'air sage comme une mère aussi je vous enveloppe de tous ces amours-là à la fois. Baisez-moi, belle Juju !


10:28 AM  

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